On va être honnêtes : le lac de Gaube, on y est allés avec l’idée d’en prendre plein les yeux…et on a eu droit à un ciel bien chargé, une lumière grise et des nuages accrochés aux sommets. Et pourtant ? On est rentrés avec le sourire parce que même quand la météo fait sa diva, ce coin des Pyrénées garde ce truc brut, puissant, un peu sauvage qui vous donne l’impression d’être tout petit. Dans cet article, on vous raconte la randonnée comme on l’a vécue et surtout on vous donne toutes les infos pratiques pour la faire sans vous compliquer la vie.
Pourquoi ce lac vaut le détour, même quand il boude le soleil
Le lac de Gaube, c’est un grand classique…et pour une fois, le mot n’est pas une façon polie de dire “bondé et surestimé”. Ce qui marche ici, c’est la mise en scène naturelle. Vous partez dans une vallée déjà très jolie (forêt, rochers, cascades) puis vous montez progressivement jusqu’à tomber sur un lac d’altitude posé comme un miroir au pied des montagnes. Quand le ciel est bleu, l’eau doit prendre de beaux reflets. Quand c’est couvert, comme le jour où on y était, l’ambiance devient plus dramatique : des pentes sombres, de la brume qui glisse sur les crêtes et ce silence qui donne envie de parler moins fort. On n’a pas eu “la carte postale” mais on a eu une montagne vivante.
Le point de départ le plus simple : le pont d’Espagne
La plupart des randonneurs démarrent au pont d’Espagne, au-dessus de Cauterets. C’est pratique, bien indiqué et vous êtes tout de suite dans le décor. Le parcours est accessible mais ça reste une vraie rando, pas une balade en tongs. Ça monte tranquillement, le terrain alterne entre sentier, pierres, racines et passages plus ouverts. En général, il faut prévoir autour d’1h à 1h30 pour rejoindre le lac à un rythme normal (un peu plus si vous aimez vous arrêter tous les deux virages pour “juste une photo”). Le dénivelé reste raisonnable pour des marcheurs habituels et c’est typiquement le genre de rando parfaite pour une demi-journée.
Ce qu’on aime sur cette rando, c’est qu’il y a des “petites récompenses” tout le long : une cascade qui vous met une claque sonore, un point de vue qui s’ouvre puis une portion plus calme où la vallée se resserre et où vous sentez que vous gagnez de l’altitude.
Option “j’ai envie du lac mais pas forcément de la montée” : le télésiège
Selon la saison et l’ouverture, il existe un télésiège qui vous fait gagner une partie du chemin. C’est une bonne solution si vous venez en famille, si vous avez un timing serré ou si vous voulez économiser vos jambes pour continuer plus loin (on en reparle juste après). L’idée n’est pas de “tricher”, c’est juste de choisir son effort. Nous, on aime bien faire la montée à pied parce que le chemin fait vraiment partie de l’expérience mais on comprend très bien ceux qui préfèrent arriver au lac en mode “directement au meilleur épisode”.
Une fois au lac : où se poser, quoi regarder et comment en profiter
Quand vous arrivez au lac, prenez cinq minutes avant de vous jeter sur la première pierre plate. Faites le tour des rives, cherchez votre angle. Le paysage change beaucoup selon d’où vous regardez : parfois vous avez une perspective plus ouverte sur la vallée, parfois c’est plus minéral, plus intime. Par temps couvert, on a trouvé que le lac avait un charme particulier : l’eau paraît plus sombre, les montagnes ressortent davantage et il y a moins de “pause selfie” à répétition.
Petit conseil très simple : prévoyez une couche chaude, même en été. Là-haut, le vent peut se lever d’un coup et quand le soleil est absent, la sensation de fraîcheur arrive vite. Et si vous pique-niquez, gardez un œil sur le ciel : en montagne, “ça va” peut se transformer en “ça tombe” beaucoup plus vite qu’en plaine.





Le vrai bon plan si vous avez encore des jambes : continuer vers les Oulettes de Gaube
Si vous voulez transformer une belle rando en grosse journée de montagne (et franchement, c’est tentant), le lac de Gaube peut être une étape. Beaucoup poursuivent ensuite vers le refuge des Oulettes de Gaube, avec une ambiance plus haute montagne, plus minérale, plus “on est loin de tout”. Ce n’est pas le même engagement : ça rallonge clairement la sortie et ça demande une météo stable. Mais si les conditions sont bonnes, c’est souvent le moment où vous avez l’impression de passer derrière le décor touristique pour entrer dans la vraie montagne. Nous, ce jour-là, avec le ciel incertain, on a préféré ne pas prendre de risque.
Quand y aller pour mettre toutes les chances de votre côté
Le lac de Gaube se fait surtout de la fin du printemps au début de l’automne, quand les sentiers sont plus praticables et que la neige ne vient pas compliquer l’affaire. En été, vous aurez plus de monde, c’est presque inévitable. Si vous voulez un peu de calme, visez tôt le matin ou plutôt en fin d’après-midi (en gardant une marge pour redescendre tranquillement). Au printemps et en automne, l’ambiance peut être magique mais la météo est souvent plus instable : c’est la période où il faut être particulièrement vigilant.
Équipement et sécurité : rien d’extrême mais pas à l’arrache
Pas besoin de matériel d’alpinisme pour aller au lac mais des chaussures de randonnée changent vraiment la donne, surtout s’il a plu. Prenez de l’eau, une veste imperméable même si le ciel “a l’air sympa” et une petite couche chaude. Et si vous randonnez avec des enfants, prévoyez un rythme cool : le sentier passe bien mais certains passages pierreux demandent de l’attention.
Un dernier truc tout bête qu’on applique systématiquement : on regarde la météo avant de partir mais on la “re-regarde” dans la vallée juste avant de monter. En montagne, la prévision du matin et la réalité de midi peuvent ne pas être copines.
On ne va pas vous vendre le lac de Gaube comme “le plus beau lieu de votre vie”. On préfère vous dire la vérité : c’est une rando connue, parfois fréquentée et le temps peut clairement changer l’expérience. Mais même avec une météo moyenne, on a adoré cette sensation de remonter une vallée qui devient de plus en plus sauvage puis d’arriver face à ce lac tranquille, entouré de reliefs sérieux. C’est une sortie qui donne un vrai goût de Pyrénées sans être réservée aux randonneurs ultra-sportifs et ça, c’est précieux.
Mini-FAQ
Combien de temps faut-il prévoir ?
Pour l’aller-retour jusqu’au lac, comptez une demi-journée tranquille, en incluant les pauses et un moment sur place. Si vous poursuivez plus loin, partez plutôt sur une grosse journée.
La randonnée est-elle adaptée aux débutants ?
Oui, si vous marchez un minimum et que vous êtes à l’aise sur sentier. Ce n’est pas “plat” mais c’est progressif et faisable. En cas de pluie, le terrain peut devenir plus glissant donc il faut juste ralentir et rester attentif.
Faut-il venir tôt ?
En haute saison, clairement oui si vous voulez éviter la foule et profiter du lac dans une ambiance plus calme.
Peut-on y aller si la météo est mauvaise ?
On l’a fait sous un ciel gris et ça restait superbe mais tout dépend de ce que vous appelez “mauvaise”. Si vous avez des risques d’orage, de fortes pluies ou une visibilité très limitée, mieux vaut reporter.