On va être honnêtes avec vous : on avait une petite appréhension avant de débarquer à Hvar. L’île croate la plus célèbre de Dalmatie, celle dont tout le monde parle, celle qui attire les yachts rutilants et les soirées à n’en plus finir…Allait-elle tenir ses promesses au-delà du battage médiatique ? La réponse est oui, largement, mais pas forcément là où on l’attendait.
Entre les ruelles médiévales de la vieille ville, les champs de lavande figés dans le temps et les criques des îles Pakleni que l’on atteint en bateau, Hvar réserve bien des surprises à celles et ceux qui prennent le temps de s’y aventurer hors des sentiers battus.
Les eaux de Hvar : entre liberté et émerveillement
Soyons francs : si vous venez à Hvar, c’est aussi pour ça. L’eau turquoise, les fonds limpides, ce bleu qui change de nuance d’une heure à l’autre. Autant en profiter intelligemment.
Louer un bateau pour filer vers les îles Pakleni
L’archipel des îles Pakleni s’étire juste en face de la ville de Hvar, à quelques minutes de navigation. C’est là que se cachent les meilleures criques, celles où l’eau est d’une clarté absolue et où le silence n’est troublé que par les vaguelettes. Louer un petit bateau à moteur ou un kayak, c’est la clé pour explorer librement ces bras de mer calmes, loin des beach clubs qui monopolisent certaines baies.
Notre conseil : cap sur les îles les plus éloignées du port. Moins fréquentées, elles offrent une solitude précieuse et des mouillages d’une beauté incroyable.

Les criques sauvages de la côte sud
La plage de Dubovica mérite à elle seule un détour. Ses galets blancs, son église posée en bord de mer et ses eaux transparentes en font l’un des endroits les plus photogéniques de l’île. L’accès se fait via un petit sentier escarpé. Il n’y a rien d’insurmontable mais prévoyez des chaussures adaptées (idéalement des chaussures d’eau) car les oursins sont nombreux dans ces zones rocheuses.
Une précision utile : ici, on ne cherche pas de plages de sable fin. La baignade se fait depuis des rochers plats, souvent avec une eau d’une pureté remarquable. C’est une autre façon de profiter de la mer, moins mise en scène et franchement, on préfère ça.
Snorkeling : le monde du silence à portée de palmes
Pas besoin d’équipement sophistiqué pour s’émerveiller sous la surface. Un simple masque et tuba suffisent pour explorer les herbiers de posidonie et observer la faune locale : girelles colorées, sars, étoiles de mer. La visibilité est souvent bonne.
Quelques précautions s’imposent cependant : restez vigilants face aux courants près des pointes rocheuses et ne nagez jamais seul trop loin du rivage. Et bien sûr, respectez les fonds marins : on ne touche rien, on ne ramasse rien.
Hvar ville : quand l’histoire vénitienne s’invite sous le soleil dalmate
La cité de Hvar est une vraie leçon d’histoire à ciel ouvert. Les Vénitiens ont régné ici pendant des siècles et leur empreinte est partout : dans les palais de pierre, les loggia élégantes et les ruelles qui grimpent vers la forteresse.
La place Saint-Étienne, au cœur de la vie locale
La place centrale d’Hvar, c’est l’une des plus grandes places piétonnes de Dalmatie et ça se voit. La cathédrale Saint-Étienne domine la place principale avec sa façade baroque et son campanile du XVIIe siècle qui mêle harmonieusement styles Renaissance et maniériste. Autour, les palais vénitiens, la loggia et les anciens puits de pierre racontent des siècles de rayonnement commercial et culturel.
Juste à côté, l’Arsenal abrite un théâtre municipal inauguré en 1612, l’un des plus anciens théâtres publics d’Europe encore en activité. Son atmosphère est intacte, presque figée dans le temps. On a adoré y déambuler.
Notre moment préféré : la place au petit matin, quand les terrasses s’animent doucement sous les premiers rayons et que la lumière rasante souligne chaque détail sculpté dans la pierre blanche.










La montée vers la forteresse Fortica : 30 minutes pour une vue inoubliable
Le sentier qui grimpe vers la forteresse espagnole traverse des jardins de cactus et d’agaves avant de déboucher sur un panorama à couper le souffle. En haut, les toits rouge brique de la vieille ville, l’archipel des Pakleni qui scintille en contrebas et toute la côte dalmate à perte de vue.
L’intérieur de la forteresse vaut aussi le coup d’œil : on y découvre d’anciennes prisons et des remparts massifs qui témoignent de la résistance face aux incursions ottomanes au XVIe siècle. L’histoire y est vraiment palpable.









Plonger dans les terres : lavande, UNESCO et douceur de vivre
On a souvent tendance à rester collés au port quand on visite Hvar. Ce serait dommage. L’intérieur de l’île cache des pépites qui valent largement le détour.
Velo Grablje et les secrets de la lavande
Ses maisons en pierre racontent la vie rurale d’antan, quand l’île était connue dans toute la Méditerranée pour son huile essentielle de lavande. En juin, lors de la fête annuelle, les alambics traditionnels tournent à plein régime et les senteurs embaument toute la vallée.
Prendre le temps de discuter avec les producteurs locaux qui vendent encore leur huile essentielle et leur miel de romarin, c’est rencontrer une forme d’artisanat sincère qui résiste à la pression du tourisme de masse. Repartir les mains vides serait une faute.
Stari Grad, la plus ancienne ville de l’île
On a encore en tête notre première balade dans les ruelles de Stari Grad…Un sentiment étrange, entre le village de vacances paisible et la ville antique qui sommeille sous chaque pierre. Fondée par les Grecs il y a plus de 2400 ans sous le nom de Pharos, c’est officiellement la plus vieille cité de Croatie et ça se ressent. Pas de yacht tape-à-l’œil ici, pas de beach club tonitruant mais juste des ruelles pavées ombrées, des façades en pierre dorée…Bref, une douceur de vivre qui pousse naturellement à ralentir.
Le château Tvrdalj, résidence Renaissance du poète croate Petar Hektorović au XVIe siècle, vaut à lui seul l’arrêt. Son bassin intérieur où nageaient des poissons (symbole de l’harmonie entre l’homme et la nature) est resté intact depuis cinq siècles. C’est l’un de ces endroits où l’on pose le téléphone et où on laisse juste le silence faire son travail…
Croyez-nous : si Hvar ville attire les foules, Stari Grad retient les âmes. Une demi-journée minimum, idéalement en début de matinée, avant que les groupes de ferries n’arrivent et que la magie s’effiloche un peu.













La plaine de Stari Grad : un héritage vieux de 24 siècles
Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, la plaine agricole qui s’étend autour de Stari Grad est un cas unique en Europe. Les Grecs anciens y ont tracé un système de parcelles géométriques il y a plus de 2400 ans et ce cadastre est resté intact jusqu’à aujourd’hui. On a du mal à réaliser, en se promenant entre les murets de pierre sèche et les oliveraies, qu’on marche littéralement dans les pas des colons grecs de l’Antiquité.
On enfile les baskets, on pédale ou on marche, peu importe. Les sentiers qui traversent la plaine sentent la lavande et le romarin sauvage. Le silence y est presque complet. Une demi-journée suffit pour souffler vraiment.
Les villages de l’intérieur en un coup d’œil :
| Village | Ce qui le rend unique | À faire sur place |
| Stari Grad | Plaine classée UNESCO, la plus ancienne ville de l’île | Flâner dans le centre ancien, balade à vélo |
| Vrboska | Surnommée la “petite Venise” pour ses canaux | Traverser les ponts de pierre, pêche locale |
| Jelsa | Ambiance plus locale, vignes réputées | Déguster un cru dalmate en terrasse |
| Velo Grablje | Village figé dans le temps, tradition lavande | Rencontrer les producteurs, acheter de l’huile essentielle |
Rejoindre Hvar et se déplacer sur l’île : le guide sans prise de tête
Mieux vaut anticiper : entre les ferries, les locations et les hébergements qui partent vite en saison, l’organisation peut rapidement devenir un vrai parcours du combattant si on tarde à s’y mettre.
Ferry ou catamaran depuis Split : lequel choisir ?
La grande majorité des visiteurs arrivent depuis Split. Deux options s’offrent à vous : le catamaran rapide (réservé aux piétons, traversée plus courte) ou le ferry classique qui accepte les véhicules. Si vous voyagez sans voiture, le catamaran est clairement le plus pratique.
En plein été, les quais de Split ressemblent parfois à un hall de gare un jour de grands départs. On conseille vivement de réserver ses billets en ligne bien à l’avance. Et si votre hébergement se trouve dans le sud de l’île, pensez à embarquer depuis Drvenik : moins fréquenté et bien plus pratique pour rejoindre directement cette partie de l’île.
Et puis, soyons honnêtes : dès que vous montez sur le pont, le spectacle commence. Les vues sur l’archipel dalmate depuis le bateau valent déjà à elles seules le déplacement.


Voiture, scooter ou bus : comment se déplacer une fois sur l’île ?
Le scooter est notre option préférée (en tout cas, pour un couple de jeunes, c’est sympa ;-)). Économique, facile à garer près des ports et idéal pour improviser un arrêt au bord d’une crique. Soyez prudents sur les routes sinueuses, surtout par forte chaleur.
En famille ou à plusieurs, la location d’une voiture s’impose pour atteindre les villages reculés et les coins les plus secrets. C’est l’option la plus flexible.
Enfin, le réseau de bus relie correctement les principales localités comme Stari Grad ou Jelsa. C’est la solution la plus économique même si les horaires se raréfient en dehors de l’été. La marche reste reine pour explorer les centres historiques (prévoyez de bonnes chaussures pour les ruelles pavées).
Budget et bons réflexes : voyager à Hvar sans se ruiner
Ce que vous allez dépenser (à peu près)
En 2025, le budget oscille entre 60 € et 250 € par jour selon que vous voyagez en mode sac à dos ou confort assumé. L’hébergement avec vue mer peut grimper très vite. Les logements dans les terres ou à Stari Grad restent bien plus abordables pour un confort équivalent.
Quelques repères utiles :
- Petit-déjeuner au marché local : environ 5 €
- Ferry Split-Hvar : entre 6 € et 10 € par personne
- Location de scooter : environ 40 € par jour
- Vélo : l’option la plus économique et écologique pour l’intérieur des terres
Pour manger, fuyez les terrasses bondées du front de mer. Cherchez plutôt les konobas familiales nichées dans les ruelles ou à l’intérieur des terres : cuisine plus authentique, tarifs bien plus doux.
Quelques gestes pour que Hvar reste belle
L’eau douce est une ressource rare sur l’île. En été, les réserves s’épuisent vite. limitez vos douches et évitez le gaspillage inutile. C’est un geste simple mais réellement utile.
Achetez local : fruits, lavande, huile d’olive…Les marchés de l’île regorgent de produits en circuit court qui soutiennent directement les familles insulaires. Et pensez à ramener vos déchets après une baignade dans les criques isolées car il n’y a pas de poubelles et la beauté de l’Adriatique mérite qu’on fasse l’effort.
Dernière chose : optez pour une crème solaire sans filtre chimique. Les herbiers de posidonie et les fonds marins de Hvar vous diront merci.
Hvar, à quelle période y aller ?
Le printemps (mai-juin) et l’automne (septembre-octobre) restent les meilleures fenêtres pour profiter de l’île sans se battre contre les foules ni subir la chaleur écrasante de juillet-août. C’est la période idéale pour randonner dans la plaine de Stari Grad, voir la lavande fleurir et dénicher encore des hébergements à prix raisonnables…avant que la haute saison ne change complètement la donne.
Hvar n’est pas l’île parfaite. Elle peut être chère, bondée et parfois un peu trop consciente de son charme mais quand vous vous retrouvez seuls face à une crique des Pakleni, les pieds dans une eau turquoise, avec la vue sur les collines couvertes de lavande derrière vous, on comprend pourquoi elle fait autant rêver.