On avait lu que Split était envahie par les croisiéristes…et c’est vrai ! Mais on avait aussi entendu que, passé 19h, la ville retrouvait une âme formidable. Et ça, c’est encore plus vrai, ce qui nous a convaincus de rester trois jours au lieu d’y passer une seule nuit. Sage décision 🙂
Entre les ruelles du palais de Dioclétien où des familles font sécher leur linge au-dessus de vestiges romains, les parties de picigin sur la plage de Bačvice et les traversées express vers des îles différentes à chaque fois, Split n’est pas qu’une simple escale. C’est une ville où l’on a envie de s’attarder.
Voici tout ce qu’on y a fait, ce qu’on en a pensé et ce qu’on vous conseille vraiment.
Le Palais de Dioclétien, un quartier romain habité
On ne va pas vous faire le coup du « palais millénaire » et des superlatifs qui s’enchaînent. Ce qui nous a frappés ici, c’est quelque chose de plus simple : des gens qui vivent dedans. Vraiment. Le palais n’est pas un musée, c’est un quartier.









Le Péristyle et les souterrains : deux ambiances, même émerveillement
Le Péristyle, la place centrale bordée de colonnes, nous a pris par surprise. On imaginait quelque chose de solennel et guindé. On a trouvé des gens qui buvaient leur café aux terrasses, des musiciens qui jouaient en acoustique en soirée et une atmosphère où l’Antiquité et le quotidien cohabitent sans que personne ne trouve ça bizarre.


Les souterrains, juste en dessous, sont d’une autre nature. Ces salles massives ont servi de décor à Daenerys dans Game of Thrones et une fois qu’on le sait, on ne voit plus ces voûtes de la même façon. L’endroit est sombre, fraîs, un peu oppressant.

Le clocher de la cathédrale Saint-Domnius : grimpez, vous ne le regretterez pas
On aime les histoires un peu ironiques. Celle-ci est parfaite : cette cathédrale chrétienne était à l’origine le mausolée de Dioclétien, c’est-à-dire celui de l’empereur qui a le plus persécuté les chrétiens. Depuis, les chrétiens ont transformé son tombeau en église. Histoire 1 – Dioclétien 0.
L’ascension du clocher est un peu sportive : les marches sont étroites, raides et ça fait un peu tourner la tête. Mais la vue sur les toits ocre et l’Adriatique en contrebas justifie largement l’effort. Montez tôt le matin, avant la chaleur et les groupes.
Juste à côté, le baptistère est souvent ignoré par les touristes pressés. C’est un petit espace calme avec une belle architecture romane, idéal pour souffler.







3 endroits pour saisir le rythme de Split
La Riva et Veli Varoš : deux visages de la même ville
La Riva, le boulevard longeant le port, est l’endroit où tout Split se retrouve. Les palmiers, les terrasses, le ballet permanent des ferrys. C’est vivant, un peu bruyant et on adore ça pour un café de matinée.

Pour le contraste, remontez vers Veli Varoš, l’ancien quartier des pêcheurs. Les ruelles sont escarpées, les maisons en pierre, le calme quasi absolu. On passe d’un monde à l’autre en cinq minutes à pied. C’est ce qu’on préfère à Split : ces transitions brutales qui font la personnalité de la ville.
La colline de Marjan : la bouffée d’air que tout le monde mérite
C’est le poumon vert de la ville et on comprend pourquoi les habitant·e·s s’y réfugient. Les sentiers traversent une forêt de pins odorants et plusieurs belvédères permettent de photographier Split sous tous ses angles.
Pour les plus courageux·ses, le sommet offre une vue à 360° sur la ville et les îles au large. Ne ratez pas non plus les petites églises rupestres dissimulées dans la roche en chemin : elles racontent une vie spirituelle ancienne et isolée qui surprend.
Nos coups de cœur sur Marjan :
- Le belvédère Vidilica : café avec vue garantie
- L’église Saint-Nicolas (XIIIe siècle) : à chercher, elle est bien cachée
- Les plages de galets au pied de la colline pour une pause baignade
Portez de bonnes chaussures car ça peut glisser…



Comment choisir ses excursions vers les îles ?
Split est clairement la meilleure base pour explorer les îles dalmates et il y a l’embarras du choix.
Hvar, Brač, Vis, Šolta : chacune a sa propre personnalité
Hvar est la plus animée, avec ses bars et sa scène festive. Brač attire surtout pour Zlatni Rat, cette flèche de sable blanc qui s’avance dans la mer. C’est beau, c’est vrai mais c’est aussi très fréquenté en saison. Vis est plus préservée, plus sauvage mais comptez 2h20 de trajet. Et Šolta, souvent oubliée, est parfaite si vous cherchez le calme complet.
Choisissez votre ferry selon votre humeur : liberté totale en bateau privé (mais plus cher), praticité du catamaran pour les liaisons directes.
| Destination | Temps de trajet | Atout majeur | Bateau |
| Brač | 50 min | Plage de Zlatni Rat | Ferry |
| Hvar | 65 min | Ambiance & fête | Catamaran |
| Vis | 140 min | Nature préservée | Speedboat |
| Šolta | 60 min | Calme absolu | Ferry |
Le picigin sur la plage de Bačvice : ne passez pas à côté
Bačvice est la seule plage de sable fin proche du centre. C’est surtout l’endroit où les Splitois se retrouvent, entre eux, à toute heure.
Le picigin est leur sport local : on joue dans peu d’eau, avec une petite balle qu’on s’interdit de laisser tomber. Les acrobaties que font les joueurs confirmés sont franchement impressionnantes. On s’est contentés d’observer avec un sourire.
L’eau est peu profonde ce qui est idéal pour les enfants ou pour barboter tranquillement après une journée de balades.
Gastronomie et culture : nos coups de cœur
La Pasticada et le marché Pazar
La Pasticada, c’est le plat dalmate par excellence. Un ragoût de bœuf braisé, longuement mariné dans du vinaigre et servi avec des gnocchis maison. On n’avait aucune attente particulière et on a été surpris. Cherchez un restaurant où des locaux mangent, pas celui qui a le plus beau menu illustré devant la porte.
Le marché Pazar, à l’est du palais, mérite une heure le matin : couleurs, odeurs et ambiance sonore singulière. Des paysans vendent leurs légumes, du fromage de brebis de l’île de Pag (franchement excellent), du vin rouge de Dalmatie. C’est vivant et accessible.
Ce qu’on a glissé dans nos valises :
- Huile d’olive artisanale
- Figues séchées
- Jambon cru dalmate (Pršut)
- Miel de sauge
La Galerie Meštrović et le Musée Archéologique
La galerie Mestrovic est installée dans l’ancienne villa du sculpteur, face à la mer. Le bâtiment lui-même est beau. Les sculptures à l’intérieur aussi. C’est un moment calme, loin de l’agitation du palais.
Le musée archéologique vaut aussi le coup si vous êtes sensibles à l’histoire grecque et romaine de la région. Ses collections de stèles antiques sont étonnantes. Et la place du Peuple, avec ses lions de Saint-Marc vénitiens, rappelle que Split a été au carrefour de toutes les grandes puissances méditerranéennes.
Ce qu’il faut savoir avant de partir à Split
Quelle est la meilleure période pour visiter Split et combien de temps prévoir ?
Le printemps (avril-mai) et l’automne (septembre-octobre) restent pour nous les deux meilleures fenêtres pour visiter la région. Les températures sont agréables et les sites bien moins envahis par les groupes de touristes qui débarquent en masse l’été. C’est le moment idéal pour profiter des lieux sans avoir à jouer des coudes. En juillet-août, le palais peut ressembler à un couloir de métro à l’heure de pointe.
En termes de durée, prévoyez un jour pour l’essentiel du palais et trois jours pour Marjan et les quartiers. Comptez une semaine si vous voulez rayonner vers les îles. Visitez les sites majeurs avant 9h ou après 18h : le palais retrouve sa magie en soirée.
Transports et stationnement : ce qu’il faut savoir
Dans le centre, tout se fait à pied, c’est même ce qu’on recommande : perdez-vous dans les ruelles. Louez une voiture uniquement si vous voulez explorer l’arrière-pays ou les parcs nationaux (Plitvice est à 2h de route).
Les parkings gratuits n’existent pas près du port. Garez-vous sur les grands parkings payants en dehors des remparts. Le bus 37 relie l’aéroport au centre en 30 minutes. Uber fonctionne bien en ville.
En résumé :
- Bus 37 pour l’aéroport (≈30 min)
- Parking de la Gripe pour les tarifs les plus bas
- Uber disponible et pratique dans le centre
- À pied pour tout le reste — c’est l’essentiel
Split, c’est le genre de ville qu’on n’avait pas forcément mise en tête de liste et qui finit pourtant par s’imposer comme l’un des meilleurs souvenirs du voyage. Le palais de Dioclétien planté en plein centre-ville, des ruelles qui sentent la pierre chaude et le café, la mer à deux pas et des îles atteignables en moins d’une heure de ferry : difficile de trouver mieux comme point de chute sur la côte dalmate. Notre conseil si vous venez en saison : réservez vos excursions à l’avance, les bateaux affichent complet plus vite qu’on ne le pense. Le soir, laissez-vous porter dans les venelles du palais quand les groupes de touristes se font rares. Et commandez une Pasticada, ce bœuf braisé mijoté au vin et aux épices que les Dalmates préparent depuis des siècles. Vous nous en direz des nouvelles.