La Tanzanie attire chaque année des milliers de voyageurs français, attirés par le Serengeti, le Ngorongoro, le Kilimandjaro ou les plages de Zanzibar. Mais ce pays d’Afrique de l’Est concentre des risques sanitaires réels, variés et parfois méconnus. Que vous soyez randonneur, famille avec enfants ou simple touriste côtier, la préparation médicale avant le départ n’est pas optionnelle. Consultez un médecin ou un centre de vaccinations internationales idéalement 6 à 8 semaines avant votre départ : certains vaccins demandent plusieurs injections espacées et l’anticipation fait toute la différence.
Question 1/5
Quel vaccin est recommandé systématiquement pour tous les voyageurs se rendant en Tanzanie ?
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Quels vaccins sont recommandés pour voyager en Tanzanie ?
Commencez par vérifier votre calendrier vaccinal français. Diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche et rougeole doivent être à jour avant tout séjour en Tanzanie. Depuis juin 2022, la rougeole fait un retour préoccupant sur le territoire tanzanien : au 23 août de la même année, on comptait déjà 223 cas suspects, presque la moitié touchant des tout-petits de moins de cinq ans, avec une concentration marquée dans les districts de Magharibi B, Magharibi A et Wete, à Zanzibar. Toute personne née après 1963 sans protection documentée doit recevoir deux doses du vaccin ROR.
L’hépatite A est recommandée systématiquement pour tous les voyageurs : Une seule injection est nécessaire, à faire 15 jours avant le départ, avec un rappel à prévoir entre 1 et 3 ans plus tard. La vaccination est possible dès l’âge d’un an pour les enfants.
| Vaccin | Indication principale | Schéma vaccinal |
|---|---|---|
| Hépatite A | Tous les voyageurs | 1 injection à J-15, rappel 1 à 3 ans |
| Hépatite B | Séjours longs ou répétés | 2 injections à 1 mois d’intervalle, rappel à 6 mois |
| Typhoïde | Hygiène précaire | 1 injection à J-15 (dès 2 ans) |
| Rage | Séjours prolongés, enfants | J0, J7, J28 |
| Méningite (Menveo / Nimenrix) | Séjour > 30 jours, saison sèche | 1 injection à J-10 |
Pour les séjours prolongés dans des conditions d’hygiène précaires, la vaccination contre la typhoïde et le choléra mérite d’être discutée avec votre médecin. La vaccination BCG contre la tuberculose reste recommandée pour les enfants de moins de 15 ans en cas de séjours fréquents ou prolongés. Le chikungunya et la dengue peuvent également justifier une vaccination selon les circonstances individuelles.

La fièvre jaune en Tanzanie : vaccination obligatoire ou recommandée ?
La situation est ambiguë et il vaut mieux le savoir avant d’arriver à l’aéroport. L’OMS a retiré la Tanzanie de la liste des pays endémiques pour la fièvre jaune donc la vaccination n’est pas médicalement obligatoire pour tous. Pourtant, les autorités tanzaniennes exigent un certificat de vaccination pour les voyageurs en provenance de pays où cette fièvre sévit, ou ayant transité plus de 12 heures dans l’aéroport d’un tel pays.
Concrètement, la preuve de vaccination peut être réclamée de façon indiscriminée à l’arrivée, quelle que soit votre provenance. Se faire vacciner reste donc le moyen le plus élémentaire d’éviter des complications administratives désagréables. Le schéma vaccinal comprend une seule injection, réalisée au minimum 10 jours avant le départ. Les enfants peuvent être vaccinés dès 9 mois et dans des circonstances particulières entre 6 et 9 mois.
Bonne nouvelle : la validité du certificat est à vie. Le Haut conseil de la santé publique, dans son avis du 23 octobre 2015, a supprimé l’obligation de rappels décennaux, même si une seconde dose reste recommandée dans certaines situations spécifiques.

Le paludisme en Tanzanie : risques et prévention indispensables
Le paludisme tue encore. C’est la réalité sanitaire la plus lourde de Tanzanie. Le Plasmodium falciparum est prédominant et la transmission s’effectue toute l’année dans tout le pays en dessous de 1 800 mètres d’altitude, y compris dans la région de Dar-es-Salam, à Zanzibar, Pemba et Mafia.
Un exemple concret parle mieux que n’importe quel discours : 8 voyageurs de courte durée à Zanzibar ont contracté le paludisme lors d’un même séjour, dont un décès. Aucun d’entre eux n’avait suivi de traitement préventif contre le paludisme. Autre exemple marquant : en février 2025, la presse russe rapportait le décès d’un habitant d’Oulianovsk, 35 ans, quelques temps après son retour de Zanzibar, là encore, sans prophylaxie antipaludique.
- Traitement recommandé : atovaquone-proguanil (antipaludéen de première intention pour la plupart des voyageurs) ou doxycycline.
- Protection complémentaire : moustiquaire imprégnée, répulsifs cutanés, vêtements couvrants, climatisation.
Tout épisode de fièvre pendant le séjour ou dans les 3 mois suivant le retour impose une consultation immédiate avec test sanguin. Signalez toujours votre voyage à votre médecin.

Autres risques sanitaires à connaître avant de partir en Tanzanie
La dengue progresse, spécialement dans la région de Dar-es-Salam. Le Zika circule également et les femmes enceintes ou souhaitant une grossesse doivent impérativement consulter un spécialiste avant tout départ. Le chikungunya est aussi présent. Dans les grands parcs animaliers comme le Serengeti, la maladie du sommeil, transmise par la mouche tsé-tsé, a touché des touristes ces dernières années.
La typhoïde et le choléra se contractent via de l’eau contaminée ou des aliments souillés par des fragments fécaux, principalement dans les quartiers urbains insalubres. La leptospirose a provoqué une flambée dans la région de Lindi : 20 cas signalés, 3 décès. La schistosomiase guette quiconque se baigne dans des lacs ou rivières.
| Maladie | Zone concernée | Situation récente |
|---|---|---|
| Virus de Marburg | Biharamulo, Muleba Kagera | 10 cas confirmés ou probables, 10 décès |
| Fièvre de la vallée du Rift | Région d’Arusha | Cas signalés récemment |
| Rougeole | Zanzibar (Wete, Magharibi) | 223 cas suspects au 23 août 2022 |
Concernant le virus de Marburg : évitez tout contact avec des liquides corporels, les grottes de chauves-souris et ne consommez pas de viande de brousse. Le VIH affiche une prévalence élevée en Tanzanie, particulièrement en zones urbaines. L’utilisation de préservatifs est indispensable.

Conseils pratiques pour préparer sereinement son voyage en Tanzanie
Franchement, trop de voyageurs partent en Tanzanie sans assurance sérieuse et le découvrent à leurs dépens. Depuis le 1er octobre 2024, toute entrée à Zanzibar impose la souscription d’une assurance auprès de la Zanzibar Insurance Corporation pour les non-résidents. France Diplomatie avertit que la plupart des établissements de santé sérieux n’acceptent pas cette assurance ZIC et recommande donc de conserver une véritable assurance voyage personnelle. Mais au-delà de cette obligation, couvrez-vous pour l’ensemble du territoire : frais médicaux, chirurgie et rapatriement sanitaire.
Les possibilités de prise en charge médicale sont meilleures à Dar es Salaam, Arusha et Zanzibar que dans le reste du pays. En cas d’urgence médicale grave hors des principaux centres urbains, une évacuation peut être nécessaire. Hors de ces zones, une évacuation médicale vers l’hôpital Aga Khan ou le Saifee Hospital à Dar es-Salam, NSK à Arusha ou Medexpress à Zanzibar est vivement recommandée en cas d’urgence vitale. Le Kenya et l’Afrique du Sud constituent aussi des options d’évacuation possible.
- Transportez vos médicaments dans leur emballage d’origine, accompagnés d’une ordonnance avec la dénomination commune internationale.
- Consultez éventuellement un dentiste avant le départ.
- N’achetez jamais de médicaments dans la rue.
Pour toute urgence, l’ambassade de France est joignable au +255 22 219 88 00 ou au +255 784 210 396 en dehors des heures de bureau. Le médecin référent répond au +255 754 25 46 42 du lundi au vendredi de 8h à 17h et le samedi de 8h00 à 13h00. L’Institut Pasteur et le ministère français des affaires étrangères publient des mises à jour régulières : consultez-les avant chaque départ, pas seulement pour votre premier voyage.
Si vous envisagez une ascension du Kilimandjaro ou tout séjour au-dessus de 2 500 mètres, anticipez le mal aigu des montagnes avec votre médecin : un œdème pulmonaire ou cérébral en altitude reste une urgence absolue, loin de tout hôpital.
